Intervention d’Harlem Désir à l’évènement « Connecting youth » (4 juillet 2016)

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Intervention d’Harlem Désir Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes Ouverture de l’événement « Connecting youth » Cité internationale universitaire de Paris, (4 juillet, 2016)

Monsieur le Commissaire européen,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Monsieur le directeur général de la Commission européenne,
Monsieur l’Ambassadeur Antoine Grassin,
Monsieur le Président de la Cité internationale universitaire de Paris,
Madame la Directrice générale,
Madame et Monsieur les Secrétaires généraux de l’OFAJ,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je suis particulièrement heureux d’être parmi vous ce matin pour ouvrir cette Conférence sur la jeunesse dans les Balkans qui constitue l’aboutissement d’un travail intense que nous avons conduit depuis plusieurs mois avec la Commission européenne et les six pays des Balkans occidentaux.

Vous le savez, nous accueillerons dans quelques heures l’un des principaux évènements diplomatiques organisés en France cette année, le Sommet Paris-Balkans 2016.

Les Premiers ministres, les ministres des Affaires étrangères, les ministres de l’Economie et les ministres de la jeunesse des six pays de la région sont aujourd’hui Paris pour y rencontrer leurs homologues européens. Ce sont au total huit événements qui se dérouleront aujourd’hui à Paris y compris un forum de la société civile et un forum d’affaires. Ces rencontres vont bien sûr nous permettre d’évoquer la situation politique de la région, les enjeux de sécurité globaux, les projets d’infrastructure. Mais c’est avant tout l’avenir européen des Balkans occidentaux que nous allons préparer ensemble.

Et cet avenir ne peut se préparer uniquement entre responsables politiques. Avec la Commission européenne, nous tenions donc à ce que cette journée puisse également offrir à la jeunesse de la région toute la place qu’elle mérite.

Nous tenions à ce que vous, représentants de la jeunesse des Balkans et de plusieurs pays de l’Union européenne, puissiez vous réunir ici, à Paris, dans cette ville de diversité, d’échange et d’ouverture au monde.

C’est une fierté de vous voir aussi nombreux ce matin, pour cette rencontre sur le thème « Connecter la jeunesse » Connecting youth.

Je tiens également à remercier chaleureusement le président de la Cité internationale universitaire, Monsieur Marcel Pochard, de nous accueillir dans cet amphithéâtre Adenauer, au sein du magnifique pavillon international offert par Rockfeller en 1935.
***
Les Balkans occidentaux sont une priorité pour la France et pour l’Europe.
Dans la situation que connaît l’Europe aujourd’hui après le référendum britannique, les pays des Balkans qui, eux, souhaitent rejoindre l’Union européenne nous rappellent l’importance et le sens du projet européen, ce que l’on ne devrait jamais perdre de vue. Ce qu’il a apporté pour la paix et la réconciliation sur le continent, ce qu’il signifie comme solidarité, ce qu’il permet de promouvoir pour la démocratie.

Je me suis rendu dans chacun de vos pays et j’ai pu mesurer les progrès réalisés par la région au cours des dernières années.

Le dialogue entre Belgrade et Pristina, les visites croisées des Premiers ministres serbe et albanais, les échanges de jeunes entre ces deux pays : tout ceci était inimaginable il y a encore peu.

Je pense aussi à la manière dont les pays des Balkans ont réagi à la crise des réfugiés qui a été bien plus conforme à l’esprit européen que celle de certains des Etats membres.

Bien sûr, il reste encore des progrès à faire.
Notre conviction est que c’est d’abord en rapprochant les peuples que l’on pourra poser les bases solides d’un avenir européen pour la région.

C’est pourquoi ce Sommet Paris-Balkans se fixe deux grandes priorités.
La première, c’est de répondre ensemble aux défis auxquels nous sommes confrontés collectivement. La crise migratoire, la menace terroriste, la lutte contre la radicalisation sont des enjeux que nous avons en partage et qui montrent qu’aujourd’hui encore, le destin de l’Europe entière reste lié à celui des Balkans occidentaux.

La stabilité, la paix et la sécurité dans votre région sont des conditions de la paix, de la stabilité et de la sécurité en Europe.

La seconde priorité, qui découle de la première, c’est de développer l’intégration régionale des Balkans occidentaux et leurs liens avec l’Union européenne.

Nous devons développer les échanges entre les pays, les villes, les territoires pour permettre l’essor du commerce, l’intensification des communications, le développement du tourisme, et tout simplement de l’économie des Balkans. C’est la raison pour laquelle nous annoncerons aujourd’hui à Paris près de 150 millions d’euros de financements européens supplémentaires pour de nouveaux projets d’interconnexion dans les transports et l’énergie. Cette connectivité est une condition de la prospérité pour chacun des pays de la région.

Mais il faut aussi développer les échanges humains entre les cultures, les sociétés, les peuples, pour poser les fondations dans les sociétés d’un avenir commun.
Et c’est pourquoi nous avons souhaité, encore plus qu’à Berlin et à Vienne au cours des deux années précédentes, accorder une priorité à la jeunesse lors de ce Sommet. C’est à la fois une innovation importante et un message fort, qui marquera cette journée.

Votre présence ici le prouve : on ne pourra pas connecter la région si on ne connecte pas sa jeunesse. Cette jeunesse qui écrira l’histoire des Balkans, et de l’Europe.
Vous êtes près de 150 aujourd’hui, issus majoritairement des 6 pays des Balkans occidentaux. Et parmi vous se trouvent sans aucun doute je l’espère les futurs hommes et femmes d’État, les futurs journalistes, les futurs entrepreneurs, les futurs leaders de la région et de l’Europe de demain.

Et c’est cet espoir immense pour toute une génération qu’il nous faut encourager, par tous les moyens.

C’est la raison pour laquelle nous avons fixé deux priorités pour la jeunesse dans le cadre du Sommet de Paris.

Deux priorités sur lesquelles vous allez débattre, réfléchir, proposer tout au long de cette matinée, dans différents ateliers, et sur lesquelles vous allez avoir une influence, puisqu’à l’issue de vos travaux, vous nous communiquerez vos recommandations, que nous restituerons ce soir aux chefs d’Etat et de gouvernement européens ainsi qu’aux six Premiers ministres de la région.

Première priorité : favoriser les échanges culturels, réconcilier les peuples, encourager les coopérations. Avec une réalisation concrète : la signature par les six Premiers ministres de la région d’un accord établissant un Office régional de coopération pour la jeunesse dans les Balkans. Il s’agira d’un moment de cette journée.

Cet office régional, qui soutiendra les échanges culturels, sportifs, pédagogiques entre tous les jeunes de la région s’inspire d’une grande réalisation européenne : l’Office franco-allemand pour la jeunesse, né au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Je veux saluer le remarquable travail de préparation réalisé par les 6 jeunes représentants des sociétés civiles avec les 6 représentants des ministères de la Jeunesse. J’ai eu l’occasion de les rencontrer lors de leur réunion à Paris avec l’OFAJ, l’atmosphère était extraordinaire.

Avec une idée force : il n’y a pas de fatalité à la guerre, à la haine, aux préjugés ; la réconciliation et la paix entre pays autrefois en guerre est toujours possible et doit toujours être recherchée.

Deuxième priorité : l’intégration des jeunes par la formation et l’emploi, dans le cadre de l’agenda positif pour la jeunesse des Balkans adopté à Brdo en avril 2015.
L’ambition de cet agenda positif pour la jeunesse, c’est d’apporter des solutions concrètes pour lutter contre le chômage des jeunes et prévenir la fuite des cerveaux en permettant aux jeunes d’acquérir des connaissances et une expérience professionnelle, le Commissaire Navracsis vient de le présenter.

Nous avons là plusieurs objectifs : améliorer l’accès des jeunes des Balkans à Erasmus+, pour les aider à se former dans des pays de l’Union européenne ; les aider à créer leur entreprise, car il sont le vrai capital d’avenir de la région ; favoriser l’accès des jeunes des Balkans au Service volontaire européen, car il faut encourager l’engagement au service du collectif ; et enfin former de jeunes journalistes, car c’est la base d’une démocratie vivante et d’un espace public de qualité comme l’a rappelé le Directeur Général Christian Danielson.

Là encore, le Sommet Paris-Balkans débouchera sur une réalisation concrète : le lancement du projet pilote du programme « Jeunes administrateurs », qui permettra à 30 jeunes fonctionnaires des Balkans de bénéficier d’une formation à Sciences-Po Paris, suivie d’un stage dans une administration d’un pays de la région.

Lors des ateliers de cette journée, vous élaborerez donc des recommandations que j’aurai le plaisir de recueillir cet après-midi, lors de notre dialogue de restitution, en compagnie des ministres de la jeunesse des 6 pays des Balkans occidentaux.
Et là encore, comme pour l’office régional de coopération pour la jeunesse, vos recommandations seront transmises aux chefs d’États ou de Gouvernement des Balkans et des pays partenaires, ce soir, à l’Élysée.

Vous avez donc un rôle important à jouer aujourd’hui. Prenez la parole comme on prend le pouvoir ! Nous avons besoin de vos idées nouvelles, de vos intuitions, de vos attentes, de vos espoirs. C’est cela, la force de la jeunesse : oser, inventer, imaginer l’avenir.

Et c’est pour cela qu’avec la Commission, nous avons tant voulu que se tienne cette conférence : pour permettre que se créent des liens entre vous et surtout pour vous donner les moyens de bâtir votre avenir ensemble.

Alors bon travail à tous !

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/07/2016

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